PARFUM DE JAZZ 20 ans déjà !

Un peu d’histoire !

Parfum de jazz est né en 1999 sous les auspices de la mairie de Buis-les-Baronnies et de son maire Jean-Pierre Buix, instituteur, avec qui j’avais partagé les bancs de l’école normale d’instituteurs de Valence quelques décennies plus tôt.

Pourquoi ne pas organiser un festival de jazz à Buis-les-Baronnies, capitale du tilleul ? Jean-Jacques Taïb avait créé, à la fin des années 1960, une formation vocale et instrumentale de belle qualité qui s’était produite en Baronnies sous l’égide de la fédération des œuvres laïques de la Drôme et de son secrétaire général d’alors, René Simard. Quelques graines étaient semées !

Sans autre moyen qu’une petite subvention de la commune, le festival a vu le jour trois soirées durant au cœur du mois d’août 1999. Un big band de musiciens amateurs danois dont certains disposaient de résidences secondaires en Baronnies a conclu cette première et très modeste édition du festival.

Parfum de jazz était né ! Et avec lui, l’envie d’un certain nombre de mes anciens camarades de l’école normale de nous rejoindre en qualité de bénévoles afin de nous aider à réaliser la 2ème édition du festival. Je ne saurais citer tous ces « pionniers », mais ils se reconnaîtront… 

Nous ne saurions oublier le rôle de Jean-Pierre Buix, dynamique maire de Buis-les-Baronnies, catalyseur des énergies, dont la faconde a électrisé les premiers auditeurs. A ses côtés, des élus fidèles et dévoués, Gérard Jean et André Donze en particulier, ainsi que les responsables des services techniques Fabien Baudin et Laurent Corréard, dont le travail et la générosité ont été déterminants dans la réussite du festival au fil des années.

De trois soirées à ses débuts, le festival a investi tous les jours de la semaine dix ans plus tard.  Puis, répondant à une demande de maires du Tricastin désireux d’associer leur commune au festival, notre association décida de prolonger Parfum de jazz d’une semaine dans deux puis trois communes de Tricastin : La Garde-Adhémar, Pierrelatte et Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Aujourd’hui, Parfum de jazz occupe la scène jazzistique de la Drôme provençale au cœur du mois d’août.

Ce festival a plusieurs caractéristiques :

  • il est itinérant
  • il invite depuis le début des formations qui appartiennent à des courants différents de l’histoire du jazz, du jazz classique au jazz d’aujourd’hui
  • il repose sur un très large bénévolat de personnes qui ont en commun l’amour du jazz, ainsi qu’une amitié forgée à l’adolescence et poursuivie avec bonheur à l’âge adulte. 

 

Ce bénévolat, qui n’a cessé de s’élargir au fil des ans (90 bénévoles cette année), a permis de consacrer l’essentiel des ressources allouées à l’association organisatrice au salariat des musiciens et à une organisation très professionnelle des concerts.  Ce parti pris délibéré nous a permis :

de programmer des formations de très grande qualité dans tous les styles

de maintenir des droits d’entrée raisonnables (entre 12 et 27€)

de faire vivre une équipe entièrement constituée de bénévoles avec le souci de l’efficacité et du plaisir  partagé autour de la musique de jazz.

Une partie des bénévoles à La Garde Adhémar en 2017

Nous avons une claire conscience des difficultés à rassembler le public autour d’un festival itinérant. Il y a là un pari qui est plus largement celui de l’action culturelle en milieu rural, une action culturelle qui repose d’abord sur une offre de grande qualité et qui implique ensuite un travail de médiation sur une base de droits d’entrée acceptables par le plus grand nombre.

Ainsi offrons nous à tous les concerts un droit d’entrée à 5€ pour les moins de 25 ans.

Il nous semble que le pari de l’itinérance a été tenu, ne serait-ce que parce que de plus en plus de communes rurales souhaitent accueillir un concert de Parfum de jazz. Jusqu’à présent, nous avons pu répondre aux diverses demandes des communes ou associations en acceptant des participations communales ou associatives de quelques centaines d’euros seulement. Il n’est pas certain que nous puissions continuer sur ces bases, car notre modèle économique est fragile. Il ne s’agit pas de le modifier, mais de l’infléchir en convainquant les communes d’être un peu plus participatives.

Pour autant, le parti-pris de communes d’offrir des concerts sans demander de droits d’entrées, comme nous le constatons de plus en plus, est un choix encore plus fragile.

Plus que jamais, une offre de qualité en milieu rural nécessite une mise en commun des moyens, une mutualisation des contraintes techniques posées par l’organisation de concerts de grande qualité dans la durée, c’est-à-dire une ou deux semaines.

C’est le modèle de Parfum de jazz. Il a vingt ans d’âge, et je forme le souhait que ses trente ans soient fêtés avec plus d’enthousiasme encore.

Alain Brunet
Président de Parfum de Jazz